Quel bateau choisir?
Le bateau à choisir dépend essentiellement du programme de navigation: fluviale, côtière, hauturière, en solitaire, en couple, navigation peinarde ou musclée, dans les mers chaudes, dans les mers froides et surtout dépend du budget.

Construire son bateau est évidemment une solution. Mais c’est un travail énorme qui requiert une sacrée dose de persévérance et de connaissances. Il faut savoir aussi que cela coûte très cher en temps et en argent. Si certains réussissent de jolis bateaux, fruits de longues années et trouvent le bonheur de naviguer, certains autres s’épuisent, abandonnent en cours de route... Coque rouillée, à vendre ou finissant ses jours dans un champs ou alors l’on constate lors de la mise à l’eau que cette coque ne fera jamais un bon bateau marin. Aujourd’hui avec le formidable marché de l’occasion, il me semble que cette solution est révolue.

Acheter une coque nue est à mon avis une solution plus économique bien qu’une coque ne représente que 30% du prix de revient total du bateau. En quelques mois ou quelques années, selon le temps que l’on y consacre et de l’argent que l’on dispose, on peut l’aménager, le motoriser et le gréer à des degrés de finitions différents. Mais on aura surtout l’assurance d’une coque professionnelle, on se garantit un vrai capital à la revente, chose à laquelle on ne pense pas forcement surtout si c’est son premier bateau, mais pensez que cela pourrait vous ouvrir d’autres horizons.

L’achat d’un bateau d’occasion est à mon avis la meilleure solution lorsqu’on a un budget limité ou lorsqu’on n'a pas beaucoup d’expérience. En épluchant les petites annonces dans les magazines ou sur internet, il est rare de ne pas trouver la perle rare que l’on cherche.Ne soyez pas pressé, prenez votre temps. Il nous a fallu 8 mois pour trouver Minuit.
L’avantage de rechercher un bateau d’occasion est de pouvoir visiter une multitude d’autres bateaux, de discuter avec leurs propriétaires et de se faire une idée de plus en plus précise de ce que l’on peut espérer trouver en fonction du budget.

Le ferro-ciment a fait son temps. Il y a de très bons bateaux en ferro-ciment mais ils sont rares. Ce matériau n’est pas cher et est solide, mais sa mise en oeuvre est beaucoup plus complexe (surtout le séchage) qu’elle ne laisse paraître. Un bon ferro-ciment est un bateau qui n’a pas été repeint depuis 4 ou 5 ans minimum et qui ne laisse apparaître aucune trace de rouille.

Le bois en construction classique, est évidemment d’un confort incomparable au niveau du style, du toucher, de l’odeur et du bruit. Mais le revers de la médaille est l’entretien énorme qu’il demande. A moins de vraiment le vouloir, je pense que le bois n’est pas fait pour les longues croisières tranquilles.

Le polyester, époxy, carbone, sont probablement parmi tous les procédés ceux qui ont été les plus choisis pour larguer les amarres. En déplacement léger ou semi-lourd, le plastic offre le gros avantage de ne demander aucun entretien. La seule chose est de veiller à ce qu’un traitement préventif anti-osmose ait été fait. Sinon faites-le avant que l’osmose n’apparaisse. Cela vous coûtera infiniment moins cher de prévenir que de guérir. Actuellement, il y a des bateaux de séries dont la solidité n’est plus ce qu’elle était et dont le gréément est sous-dimensionné pour la grande croisière. Prudence donc!

Reste l’acier, l’aluminium et le strongal. L’acier est sans conteste le plus solide mais aussi le plus lourd et il rouille. Un bon bateau en acier doit être choupé (projection de zinc à chaud) à l’intéreur comme à l’extérieur. Les seuls bons choupeurs à ma connaissance, sont les hollandais. L’aluminium est certes très solide aussi mais demande une certaine vigilance quant à l’électrolyse. Ils sont malheureusement plus chers. Le strongal est le nec plus ultra actuellement dans le domaine. C’est de l’aluminium épais. Sa mise en oeuvre ne nécessite pas de structure (varangues). Les tôles sont suffisamment épaisses pour en assurer la rigidité. Le gros avantage est d’un point de vue de la solidité et de l’aménagement où l’on gagne pas mal de place. S'il y a de l’électrolyse, on a tout le temps de s’en rendre compte (vu son épaisseur) et de résoudre le problème avant que la corrosion ne perse la coque.

Le gréément le plus simple sera le meilleur. Un sloop quillard ou éventuellement un dériveur lesté avec un joli roof d’où l’on peut admirer la mer ou le lagon de l’intérieur. De plus cela amène également plus de lumière dans le carré.