| Les 10 questions les plus fréquement
posées |
| Vous arrêtez-vous la nuit pour dormir? Que faire contre le mal de mer? Les pirates existent-ils encore? Faut-il avoir des armes à bord? Combien de temps pouvez vous tenir sans faire le plein d'eau et de provisions? Comment faites-vous pour conserver les produits frais? Que faites-vous quand vous êtes malades? Qu'utilisez-vous pour générer votre énergie électrique? Combien coûte la vie à bord d'un bateau? Vous arrêtez-vous souvent dans les marinas? |
Vous arrêtez-vous la nuit pour dormir? D'abord il faut savoir que nous naviguons environ 5% du temps. La plupart du temps, nous sommes à l'ancre (aux mouillages) pour visiter les environs, rencontrer les gens, nous occuper de l'entretien du bateau, du réapprovisionnement (eau, nourriture, gazole), ... Nous dormons quasiment toutes les nuits dans une crique, une anse, une baie ou encore dans un lagon. Généralement nous naviguons la journée en faisant du cabotage. Notre but n'étant pas de parcourir le plus grand nombre de milles nautiques mais bien de rencontrer des gens et découvrir des paysages différents. Bien entendu, il nous arrive de devoir faire des traversées de plus de 24 heures. Ces nuits-là, nous ne nous arrêtons pas. Sous pilote automatique le bateau continue sa route. Cela ne nous permet pas de passer des nuits confortables à dormir sans interruption. Nous nous relayons toutes les 3 heures. Nous faisons ce qu'on appelle des quarts. C'est une période de veille de l'horizon pour prévenir une éventuelle collision avec d'autres bateaux et pour s'assurer que le pilote garde correctement son cap surtout lorsque nous longeons les côtes. Il serait de toute façon impossible de jeter l'ancre car le plus souvent nous avons plusieurs milliers de mètres d'eau sous le bateau. En tenant compte que notre chaîne d'ancre pèse 3,5Kg le mètre, le bateau pèserait bien trop lourd si on devait emporter toutes ces tonnes de chaînes! Pour information il est recommandé de mouiller 3 à 4 fois la hauteur d'eau. Par exemple avec 6 mètres de profondeur, nous jetons de 18 à 24 mètres de chaîne soit 63 à 84 kg + 20Kg pour l'ancre. |
| Que faire
contre le mal de mer? Une chose est certaine, le mal de mer disparaît souvent lorsque l'on navigue dans des eaux chaudes. Le froid, la fatigue et l'appréhension sont des facteurs déterminants pour le mal de mer. On a souvent vu des personnes souffrant du mal de mer en Mer du Nord et ne pas avoir le mal de mer du tout lorsque le soleil brille et que la température frise les 28 degrés. Pour celles et ceux qui en souffrent malgré tout, les moyens d'y échapper sont nombreux. Il suffit de trouver celui qui vous convient le mieux, que ce soit les bracelets aimantés ou le Tabaccum (remède homéopathique). Reste aussi le médicament qui s'appelle Mercalm tout un programme. |
|
Les pirates existent-ils
encore? |
| Faut-il
avoir des armes à bord? Les avis sont partagés. Nous avons une petite théorie bien à nous. S'il sagit d'un ou deux rôdeurs non armés, on utilisera un pistolet d'alarme ou une carabine pour les dissuader. Par contre si l'on voit se rapprocher un bateau avec plusieurs personnes armées, il va de soi qu'il vaut mieux se montrer coopératif. Avec un peu de chance ils nous laisseront tranquilles après avoir allégé le bateau de son contenu. Et la vie n'a pas de prix! Avoir des armes à feu à bord nous oblige à les déclarer aux douanes de chacun des pays. Certains pays les gardent en lieu sûr et nous les récupèrons le jour de notre départ de ce pays. Malheureusement, le bureau de douane est souvent à l'opposé de l'endroit où l'on compte quitter ce pays, ce qui nous obligent à regagner ce bureau de douane mais, parfois contre vent. |
| Combien
de temps pouvez vous tenir sans faire le plein d'eau et de provisions? Pour l'eau, nous avons deux réservoirs d'une capacité de 550 litres et 50 litres en bidons. A deux, sans se priver de douches (mais sans en abuser), nous tenons un mois. On trouve de l'eau pratiquement partout, si bien que nous n'avons jamais eu de soucis pour faire le plein d'eau potable. Les provisions, nous les prévoyons en fonction des possibilités de réapprovisionnement au fur et à mesure de notre trajet. Par exemple, nous allons stocker pour plus de 1.000 dollars de provisions au départ de l'Afrique du Sud. Pourquoi? Parce que les vivres, y compris les boîtes de conserve n'y sont pas chères. Par contre, on ne fait aucune provision aux Seychelles car tous les produits y sont importés et donc excessivement chers. Le prix des vivres conditionnent le stock que nous faisons, surtout en ce qui concerne les boîtes de conserve, le riz, les pâtes, la farine, etc Et puis il y a la pêche, une ressource inépuisable à notre niveau. |
| Comment
faites-vous pour conserver les produits frais? On trouve des marchés partout dans le monde et dans certains pays des marchants flottants (en pirogue au Mozambique et à Madagascar) dans pas mal d'îles. Nous avons aussi deux frigos à bord et nous avons même des glaçons pour la Caiperinha de l'apéro. Pas d'inquiétudes donc pour nos passagers. Nous nous sommes également lancés dans les plats stérilisés, dans la viande et le poisson séchés. On y pratique souvent le troc : une casquette pour 3 papayes, un vieux T-shirt pour 4 noix de cocos, 3 hameçons pour 2 kilos d'oranges, etc Le troc est parfait pour deux raisons. Les Malgaches, par exemple, n'ont que faire de l'argent puisque souvent les premières villes se trouvent à plusieurs dizaines de kilomètres. Ils préfèrent un T-shirt ou une casquette pour se protéger du soleil. Chacun y trouve son compte. |
| Que
faites-vous quand vous êtes malades? On est bien équipé à bord. Nous avons une pharmacie très complète qui va de l'antibiotique à large spectre aux pansements les plus courants. Il y a aussi la possibilité de contacter d'autres bateaux et de faire le relais vers une assistance médicale à terre en cas de réelle nécessité. Sinon, les aventuriers du Tour du Monde ont toujours de bons tuyaux. Ils se font soigner là où c'est gratuit comme à Mayotte, ou dans les pays où cela ne coûte pas cher comme en Asie. Saviez-vous que 90 % de la population mondiale n'est pas couverte pas la sécurité sociale? Nous faisons donc partie de la majorité. Nous sommes prudents dans les pays où règne le paludisme mais nous ne prenons aucun médicament contre la malaria. Notre meilleur médicament, c'est d'être sur le bateau à la tombée du jour. La brise nous protège déjà énormément des moustiques sinon nous utilisons des moustiquaires. Le secret, est de vivre une vie saine, où l'on prend par définition, un minimum de risques. Et pour les gros pépins imprévus nous improviserons. Ce serait bien de la malchance d'être loin de toute assistance possible à ce moment là. |
| Qu'utilisez-vous
pour générer votre énergie électrique? Si l'électronique utilisée pour la navigation consomme très peu de courant, il n'en n'est pas de même pour le frigo, les pompes (douches et eau courante), l'éclairage et surtout la pompe hydraulique du pilote automatique. Le courant lui a l'avantage de pouvoir être généré à bord par différents moyens : panneaux solaires, alternateur sur le moteur, alternateur sur l'arbre d'hélice (qui tourne lorsqu'on navigue à la voile), éolienne ou encore groupe électrogène. Le tout est d'adapter ces ressources à ses besoins et à son type de navigation. Il faut du vent pour faire tourner l'éolienne ou faire avancer le bateau qui fera tourner l'alternateur d'arbre d'hélice, du soleil pour les panneaux solaires. Nous avions lors de notre départ 2 panneaux solaires de 30 watts chacun qui permettent d'alimenter 2 batteries de 100 ampères chacune. Très vite nous nous sommes rendu compte que c'était insuffisant. Au fil du temps nous avons adapté nos ressources à nos besoins. Aujourd'hui nous avons 2 panneaux solaires de 75 watts chacun, un alternateur d'arbre d'hélice, 300 ampères en batteries de bord et nous allons rajouter (avant de quitter l'Afrique du Sud) une éolienne. Grâce à ces ressources, nous ne tomberons pas en panne de courant et nous pourrons alimenter 2 frigos. Une bonne isolation des frigos est très importante. Sous les tropiques un minimum de 10cm d'isolation ne sera pas un luxe. Un de nos deux frigos est refroidi par eau et consomme environ 25% de courant en moins. En théorie, les jours de grand soleil, l'éolienne peut-être arrêtée ainsi qu'en navigation voile ou moteur vu que les alternateurs prennent le relais. Une batterie supplémentaire de 100 ampères est consacrée uniquement au moteur et guindeau. Nous avons également un petit groupe électrogène qui sert en cas de véritable nécessité. |
| Combien
coûte la vie à bord d'un bateau? La vie à bord coûte relativement chère en Europe mais dès que l'on aborde la Mer Rouge puis l'Océan Indien, on peut aisémment réduire le budget consacré aux approvisionnements de plus de 60%. Pour deux raisons: les marchés locaux (et ambulants, par pirogue) pratiquent des prix tout à fait raisonnables et, surtout parce que le troc est de mise dans les pays les plus démunis. Nous citerons Madagascar où notre budget mensuel en alimentation était de 120 euros. Nous y avons surtout pratiqué le troc: des fruits contre des T-shirts ou des casquettes mais aussi des oeufs et les fameuses langoustes pour de vrais festins. Tout le monde y trouve son compte et la négociation en soi est déjà toute une histoire. Parcontre si vous naviguer aux Antilles le budget de l'alimentation est le même qu'en France voir un peu plus élevé. N'oublions pas aussi que nous laissons une ligne à la traîne lors de nos traversées pour nous fournir en poisson frais préparés d'abord en sushis puis en poisson grillé et pourquoi pas avec des pâtes. Ce qui est couteux est l'entretien du bateau. Un voilier coûte le prix d'une maison et s'use comme une voiture. Le simple fait d'être dans le milieu de la plaisance augmente déjà les prix. Les matériaux utilisés doivent être de première qualité pour résister à la mer, au sel et au soleil. Le coût dépend de la taille bateau et augmentent exponentiellement par rapport à sa taille. Un bateau de plus de 13 tonnes exigera un pilote automatique de haut de gamme d'un budget d'environ 5000 euros alors qu'un pilote pour un bateau de moins de 10 mètres reviendra à 2000 euros. Et tout est l'avenant. Un bateau récent demandera moins d'entretien ou de remplacement des voiles par exemple, qu'un voilier de 15 ans d'âge. Mais dans l'ensemble on pourrait estimer pour un voilier tel que Minuit un budget de 500 euros par mois. |
| Vous
arrêtez-vous souvent dans les marinas? Non, là encore, dès que l'on quitte l'europe, tout change. Dès que l'on aborde la Mer Rouge et l'Océan Indien, fini les marinas. Minuit est à l'ancre 95% de son temps et notre annexe nous sert de moyen de locomotion. Les avantages sont multiples: pas de frais de marina, pas de voisin immédiat et pas de soucis de voir un passant monter sur le bateau en plein nuit. Depuis la Méditerannée, la première marina disponnible sur notre route a été Richards Bay en Afrique du Sud. Heureusement, son prix reste modique d'une centaine d'euros par mois. En l'an 2000 une marina a ouvert ses portes à Mahé aux Seychelles. |