La Thaïlande relève la tête    Avril 2005   Passé   Présent
Le Tsunami, ce que les Médias n'ont pas dit (12 février 2005)

Derrière les images, il y a les histoires, souvent tristes mais aussi émouvantes.
Comme nous étions là, laissez-nous vous raconter quelques histoires que n'ont sans doute pas relatés les médias.
La solidarité d'abord, immense et incontournable.
Dans la baie où nous étions, personne n'osait quitter son bateau suite à la vague monstrueuse qui avait dévasté les plages, nous recevions via radio VHF des nouvelles de secousses suite au premier tremblement de terre, alors, nous sommes restés sur le bateau à regarder ce que nous pouvions faire.
Les petits restaurants en bord de plage ont déversé leur lot de chaises en teck et en plastique, de frigo-box de toute tailles, de parasols, de matelas et heureusement aucun corps.
Tous les bateaux ont repêché tant bien que mal ce qui flottait alentours et le lendemain, ont été rapporter les quelques biens qu'ils avaient pu sauver aux restaurants alentours ou du moins ce qu'il en restaient.
Le lendemain aussi, des dizaines de navigateurs sont allés sur la plage pour déblayer tout avec les Thaïs et participer à la reconstruction. Certains se sont portés volontaires à l'hôpital, portant chacun un badge selon la langue qu'il parlait, de quoi venir en aide aux touristes en détresse qui cherchaient les leurs dans les victimes.
Ç a, nous ne pensons pas que les médias en aient parlé.
Comme vous le savez sans doute, l'île de Phi-Phi, la plus fréquentée à cette époque de l'année a été dévastée. Nous ne vous compterons que cette histoire: un européen voit la vague arriver, s'accroche le plus haut possible à un cocotier. La vague arrive. Il voit un Thaï passer près de lui, emporté par la vague, il l'agrippe, le fait monter à son niveau. La vague se retire, ils étaient tous les deux à 7m du sol. L'amitié qui les lie désormais ne se raconte pas.
C'est dommage que les médias n'aient pas relaté ces histoires d'espoir et de solidarité car elles sont légions.
Celle-ci nous touche beaucoup car nous avons navigué sur le voilier de 59m, "Silolona" lors la régate King's Cup à Phuket, dont nous vous parlons dans le Journal N°13.
" Silolona" était à Langkawi (Malaisie) lors du Tsunami et comme sa "gérante" est américaine mais vit en Indonésie depuis 15 ans et que l'équipage est indonésien, ils n'avaient qu'une envie: aller à Aceh (Sumatra) pour apporter leur aide aux victimes.
A Langkawi, ils ont trouvé une équipe médicale Sikh prête à partir mais sans aucun moyen de transport ainsi que des médicaments. Ils sont partis immédiatement embarquant l'équipe et les médicaments, plus des vivres.
Arrivé là-bas, malheureusement les négociations avec les autorités indonésiennes ont été interminables et bien qu'arrivés le 8 janvier dans une baie proche d'Aceh, ils n'ont pu débarquer que le 11. Dans le village où ils ont accosté, il restait 2.300 habitants sur 6.000 et l'odeur des cadavres se sentait à plus de 1Km.
Il est dommage de constater que Sumatra ait mis autant de temps à recevoir de l'aide. C'est vrai que c'est une île mais les tracasseries administratives ont freiné l'aide, ce qui est inadmissible et désespérant. A savoir que cette province demande son indépendance depuis de nombreuses années. En effet ils ont du pétrole et c'est au gouvernement qu'il profite. Le gouvernement aurait-il vu une aubaine dans ce désastre qui a tué une grande partie des indépendantistes?
Sumatra a été la plus touchée puisque c'est là qu'à eu lieu le tremblement de terre qui a déclenché le Tsunami.
" Silolona" y a perdu le sommet de son mât dans une mer d'enfer et ils ont eu beaucoup de courage. Nous leur tirons un coup de chapeau!
Ici, à Phuket, le lendemain de la vague, tous les commerces et les administrations étaient fermés: ils étaient tous sur la côte pour aider les sinistrés. Les plages ont été nettoyées en quelques jours, les corps évacués le plus rapidement possible et les photos ont été exposées dans les hôpitaux, les ambassades et les bureaux de police pour essayer d'identifier les victimes le plus rapidement possible aussi en majeure partie pour évider une épidémie peu probable.
A Bangkok, notre ami belge sa femme ont été à l'aéroport de Bangkok pour aider les familles qui étaient rapatriées. Toutes les nationalités étaient présentes et tous les expatriés s'étaient portés volontaires pour aider les autorités Thaïes qui les ont d'ailleurs traitées avec égard. Cela non plus, les médias n'en ont pas parlé.
Citons une dernière histoire beaucoup moins drôle car elle nous concerne nous et nos amis belges de Phuket.
Les journalistes de la presse francophone se sont précipités à Phuket le lendemain de la catastrophe pour prendre les images macabres qu'ils vous ont montrées au petit écran.
La semaine suivante, nous envoyions ainsi que nos amis belges les premières photos de reconstruction, faisant honneur au peuple Thaï.
Résultat: aucun média ne les a publiées et aucun d'entre eux n'a répondu.
Nous ne nous retiendrons pas de traiter les médias de charognards.
Il est triste de constater que les images de cadavres, de personnes sans logis ont fait les choux gras des médias.
Dans un premier temps, nous avons apprécié ces images choc dans le sens où jouer sur la corde sensible des téléspectateurs permettait de rassembler les fonds mais nous trouvons que les médias ont trop joué l'amalgame entre tous les pays sinistrés alors que Phuket n'a jamais manqué d'eau ni d'électricité obligeant nos amis à nous contacter en catastrophe pour voir si nous avions de l'eau potable et nous demandaient comment nous survivions…
Nous pourrions raconter la même histoire de notre ami "Chouchou" (Georges Saive) qui a accompagné des journalistes et une télévision dans la baie de Phnag Nga pour une reconstitution où il était lors de la catastrophe. Plus tard, il a aussi proposé par mail des photos récentes sur la reconstruction. Il n'a pas été recontacté.
Les médias n'ont pas fait le suivi que nous souhaitions qu'ils fassent car nous étions ici et nous vivions la reconstruction chaque jour.
De plus, nous vivons chaque jour aux côtés des Thaïlandais, qu'ils soient conducteurs de taxi ou de bus, propriétaires d'une petite gargote ou d'une boutique et ils avaient le coeur lourd de voir ces images horribles sur tous les écrans du monde alors qu'ils avaient mis tant de courage à faire de Phuket une île plus que vivable pour les touristes dans les quelques jours qui ont suivi le Tsunami.
Ce n'est pas faire honneur à leur courage que de faire fuir les touristes et nous avons décidés de rester ici car, nous les aimons, nous les Thaïlandais et nous n'allons pas nous encourir!
Qui que vous soyez, où que vous soyez, dites vous qu'au delà des images choc, il reste le courage, la solidarité et l'espoir!

A Kata beach, en bord de plage 4 restaurants sur 5 sont reconstruits et opérationnels




Les parasols et transats attendent les touristes. Heureusement qu'aujourd'hui un bon nombres de vacanciers n'annulent plus leurs réservations.




Un bateau complètement détruit, renfloué et sortit de l'eau pour reconstruction.




Ceci est l'impression sur un dos d'un T-shirt:



Plage de Patong
Phuket
Thaïlande
2001 Alerte à la bombe
2002  épidémie du sars
2003  Grippe aviaire    
2004 TSUNAMI       

QUOI POUR LA SUITE?

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